Les voitures puissantes n’ont jamais cessé d’attirer tous les passionnés et amateurs automobiles. Un grand nombre de murs de chambres d’ados ont exposé ces objets de fantasmes, inaccessibles mais tellement désirables.
A chaque époque, les quelques constructeurs de ces machines atypiques ont poussé le design, les solutions techniques et la puissance vers des sommets. Ces « supercars » étaient à des années-lumière du reste de la production automobile classique. Aucune berline, 4X4, coupés, cabriolet, breaks ne pouvaient rivaliser. Un drag race entre une Countach et une Mercedes 280e engendrait la même course que celle entre Florence Griffith Joyner et ses adversaires aux Jeux Olympiques de Séoul.

Et puis tout ceci a volé en éclats. Les compactes ont affichées des puissances de Ferrari et les constructeurs de ces engins ont du passer la surmultiplié. La moitié de la gamme Ferrari aujourd’hui n’est pas plus puissante que certaines berlines ou breaks. C’était également sans compter que les 0 à 100 les plus rapides sont désormais du coté des électriques.
La Bugatti Veyron a défini un nouveau standard, ouvrant la porte à toutes les démesures. Loin de toucher uniquement les sportives ultimes, ce phénomène s’est répercuté sur quasiment toutes les catégories de voitures. Une Peugeot 208 GTI affiche 208 ch et une Mercedes Classe A frise désormais les 400 ch, plus que les supercars des 70’s.
Une Golf R abat le 0 à 100 km/h aussi rapidement qu’une Maserati GranTurismo MC STradale.
Une Mercedes Break E63 AMG S bat une Porsche 991 GT3. Chez Audi, la voiture la plus puissante est un break. Chez Porsche, c’est une très grande berline avec 680 ch.
Bref, les puissances ont connu une inflation que seul le Venezuela peut battre.

Nous vous proposons un petit saut en arrière pour se remémorer ce que 200 ch représentait à travers les 4 dernières décennies.


Les 70’s
Durant cette période, la puissance ultime était de 385 ch pour la Lamborghini Miura 400 SV. La Porsche 911 Turbo en faisait 300 ch, pas de quoi faire peur aujourd’hui à une Seat Leon Cupra de 310 ch. La Lotus Esprit S1, pourtant pas considérée comme un veau, proposait de son coté un 4 cylindres de 160 ch. Une Alfa Romeo Montreal proposait tout juste 200 ch avec son incroyable V8. La BMW 635 CSIF40 n’en faisait que 218 !!

Les 80’s
Elles permettent de flirter avec la barre des 500 ch. La F40 qui a tapissé tant de murs culmine à 478 ch. La gamme Porsche de l’époque propose des puissances entre 150 et 231 ch. Il n’y a guère que la 930 Turbo pour aller taquiner les 300 ch avec 296. Du coté de Ferrari, c’est un peu mieux mais l’artillerie lourde n’est pas encore de rigueur. La gamme V8 composée des 308 et Mondial propose moins de 300 ch et les V12 s’échelonne autour des 400. La fameuse 288 GTO est pile sur cette valeur avec son V8 3.0l biturbo.
Enfin, du coté de Lamborghini, c’est le LM002, le premier 4×4 de la marque, qui est le plus puissant avec 450 ch extrait de son V12. La Jalpa, le modèle d’entrée, est à 250 ch.

Les 90’s
Il faut attendre cette nouvelle décennie pour voir émerger la véritable catégorie des supercars. Bugatti renait et la EB110 SS affiche 650 ch. De son coté, on assiste à l’arrivée massive de la surenchère chez les catégories inférieures. Les berlines se dévergondent. Par exemple, la M5 passe au V8 et propose 400 ch. Du coté d’Audi, la RS6 n’est pas encore proposé au catalogue.
Impossible de passer sous silence pour cette période la star absolue, la McLaren F1. Son V12 développe 627 ch, soit moins qu’une Audi RS6 Plus aujourd’hui. C’est à la toute fin des 90’s que la mythique McLaren F1 pose la pierre définitive des sportives extraordinaires
Les voitures d’exception ont encore un statut à part que personne ne vient contester et pour l’amateur de sensations fortes, il est nécessaire d’être célibataire ou très fortuné pour avoir plusieurs voitures.


Les années 2000
Les breaks entrent dans la danse. Audi lance son RS4 avec l’aide de Porsche. Le V6 délivre 380 ch et permet avec ses 4 roues motrices de gouter aux joies du 0 à 100 km/h sous les 5 secondes, c’est à dire aussi bien qu’un BMW Z8 équipé d’un V8 de 5 litres. Toujours chez Audi, le break RS6 fera une première apparition avec le modèle C5 à 450 ch puis en 2008 avec la C6 à 580 ch.
De son coté, BMW fait passer la puissance de sa M5 de 400 à 507 ch en passant au V10.
En ce qui concerne les généralistes, Ford dégaine 305 ch de sa Focus RS.
Du coté de chez Lamborghini, le modèle d’entrée est désormais proposé à plus de 500ch, avec Ferrari juste derrière à 490.

Enfin, dans la gamme des supercars, il est amusant de constater que Pagani sort sa Zonda en 1999 avec 394 ch et corrige vite avec la C12-S en 2001 qui passe à 550 ch. Pour tout connaitre de la Zonda, lisez notre billet consacré à cette incroyable aventure et toute ses déclinaisons. C’est içi :
Koenigsegg débute plus fort en 2002 avec 655 ch mais la sortie de la Veyron en 2005 nécessite un boost pour ces deux là.

Désormais, il est nécessaire d’avoir 700 ch pour figurer dans la liste des supercars.

 

Les constructeurs habituels de ces supercars ont donc du pousser le curseur beaucoup plus loin et ont inventé la catégorie des « Hypercars ».
Le « Magic trio » P1, 918 Spyder, LaFerrari a posé les bases d’une nouvelle catégorie, les Hypercars avec un minimum de 900 ch, certes avec l’aide d’une motorisation électrique. La Bugatti Chiron a remis les pendules à l’heure avec ses 1.500 ch sans électrification.
1.000 ch sinon rien !
Il faut désormais à minima pouvoir afficher plus de 1.000 ch pour espérer figurer dans ce cercle très fermé.
La sortie des Mercedes Project One, McLaren Sweptail, Aston Martin Valkyrie démontre bien le paradoxe de ce phénomène. Les petits indépendants se doivent de pousser également :
– Koenigsegg Agera RS : 1.160 chevaux et sa remplaçante dont la présentation est prévue pour le Salon de Genève 2019.
– Zenvo TSR S : 1.190 chevaux
– Koenigsegg Regera : 1.500 chevaux

Dés lors, faut t’il dépenser autant pour se procurer des sensations interdites ?
On peut très sérieusement se poser la question car la barre des 200 k€ permet d’obtenir des performances que les voitures vendues 900 k€ promettaient seuls auparavant.

Prenons l’exemple de la Lamborghini Huracan Performante. Elle est affichée neuve en concession à environ 240 K€ et elle vient taquiner les performances d’une Porsche 918 Spyder qui dépassait les 800K€. Le 400 mètres D/A est simplement effectué en 0,5 secondes plus vite avec la 918 et dans l’exercice du 0 jusqu’à 50 km/h, la Lamborghini est devant. C’est d’autant plus incroyable car la valeur de la 918 Spyder a grimpé avec un prix marché autour d’1.6 M€ (vous pouvez voir les 66 annonces içi) alors que la Huracan Performante a tendance à baisser, surtout depuis l’arrivée de la Huracan Evo (pour les annonces de Performante, c’est içi)
Même en restant chez Porsche, une 911 GT2 RS dernière génération tourne en 6’47”25 alors que la 918 est à 10 secondes, bouclant le tour en 6’57. Avec la différence de prix entre les deux, on peut s’acheter la nouvelle Lamborghini Aventador SVJ à 650 K€, une Lotus Exige Cup 430 à 130 K€ pour le coté hardcore sur circuit et une Tesla Model X P100D à 140 K€ pour la famille et les DragRace aux feux rouges. Il restera en plus de quoi les assurer, les garer, les maintenir et en profiter.
Tout fout le camp !!!

One Response to Supercars – Ou va t’on ?

  1. Rondonnet dit :

    C’est bien vrai.

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