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Pourquoi tant de malus !

Nous allons tâcher de rendre compréhensibles les impacts des différentes mesures qui sont entrées en vigueur depuis le 1er Janvier 2020.
Nous allons d’abord nous pencher sur le cas des voitures neuves, puis tout logiquement, sur l’occasion.

Pour les voitures neuves : (
retrouvez la grille complète en bas de page)
Depuis 1er janvier 2020, le seuil de déclenchement du malus écologique débute à 110 g/km de CO2 émis contre 117g/km en 2019. Ce n’est pas tout car le montant à payer par tranche grimpe. Par exemple, il fallait débourser un malus de 140€ en 2019 pour 130 g/km. Ce montant est passé à 818 € au 1/01/2020.
Pour la mise en perspective, 130 g correspondent par exemple à une Mazda CX-5 en version 2.2 L Skyactiv-D de 150 ch équipé de jantes 17 pouces.

Tout ceci n’a été valable que quelques mois uniquement puisque le barème était adossé à la norme NEDC corrélée (Nouveau cycle européen de conduite ou New European Driving Cycle) et l’est désormais sur une autre norme. En effet, la nouvelle mesure WLTP, plus sévère et plus réaliste, donne donc une valeur de CO2 plus élevée est entrée en vigueur le 1 mars dernier. Le barème du malus est donc adapté, et il débute à 138 g/km au lieu de 110 g/km.

Rappelons que le passage de l’un à l’autre entraîne une hausse moyenne de 24,8 % des valeurs de CO2 en raison d’un cycle d’homologation plus exigeant, et que le nouveau protocole WLTP prend désormais en compte les équipements de chaque modèle pour fournir non pas une valeur de CO2 mais une fourchette. Ainsi, tous les véhicules changent de tranche, avec quelques surprises à la clé. Par exemple, un Citroën C5 Aircross 1.6 PureTech 180 passe de 650 € de malus à 2 049 € ! D’autres modèles comme le Renault Captur sont plus intéressants financièrement avec le barème WLTP.
Soucieux de ne point trop pénaliser les consommateurs, le législateur a souhaité lisser la hausse moyenne de 20 % induite par l’adoption du protocole WLTP en décalant de 28 grammes le barème du malus. Mais entre le 1er janvier et le 1er mars 2020, ce sont les moyennes CO2 sous le protocole NEDC (et pas WLTP) qui étaient pris en compte. D’où un effet yoyo sur les malus.previous image

Bref, la voiture est une nouvelle fois l’une des victimes du législateur. Ce tour de vis est censé « dégager des ressources budgétaires nécessaires pour financer l’incitation à l’achat de véhicules plus respectueux de l’environnement », dixit le projet de loi de finances. Si les crédits affectés au bonus augmentent de 50 % par rapport à 2019, les véhicules neufs 100 % électriques seront les seuls bénéficiaires de la prime (6 000 euros), au détriment des hybrides rechargeables, qui restent exclus du dispositif. Le gouvernement veut pousser les Français à acheter des véhicules moins polluants… et souhaite remplir les caisses pour financer une prime à la casse trop coûteuse.

Si on sélectionne une voiture plus « gourmande », disons 150 g/km, il faut désormais payer 3 784 € contre 1 613 € en 2019, soit plus du double.
La progression bien plus rapide se voit en bout de chaîne. Alors que le seuil de déclenchement est baissé de 7 g, le malus maximal commencera 18 g plus tôt (172 g/km de CO2 émis et plus). Et au passage, ce sera un malus maxi de 20.000 € contre 12 500 €.
À moyen terme, la sportive cœur de gamme va devoir se réinventer. Pour survivre, la solution est connue, c’est l’électrification, avec avant tout de l’hybridation. Les constructeurs ont bien sûr commencé à préparer leurs armes. Peugeot a ainsi officialisé le lancement dès 2020 de nouveaux véhicules sportives branchés. La première sera une 508 hybride rechargeable d’environ 350 ch… qui devrait être homologuée sans malus !

De manière très paradoxale, le diesel si décrié échappe au carnage. En effet, il émet structurellement moins de CO2 qu’un moteur à essence. Les voitures hybrides sont les autres grandes perdantes. Aucune aide n’est prévue pour ces véhicules électrifiés, dont les mécaniques, du moins sur certains types de trajets, émettent moins de CO2 qu’une voiture purement «thermique».
le Dacia Duster TCe 130 ch affiche 135 g/km de CO2. Sa taxe va passer de 353 à 1 276 € ! Pendant ce temps, le modèle diesel BluedCi 115 ch pourra éviter le malus !

Cela va avoir pour effet paradoxal de contribuer à réorienter le choix des entreprises vers les modèles diesels.

Pour les voitures d’occasion :
Le malus écologique sur les véhicules d’occasion est normalement payé en une seule fois par le premier propriétaire, lors de l’achat neuf. En réalité, les voitures d’occasion sont également touchées par une « surtaxe CO2 » qui peut grever le budget. Elle était auparavant calculée en fonction des émissions de CO2, à raison de 2 € par gramme de CO2 au-dessus de 200 g et 4 € par gramme au-dessus de 250 grammes. Cela a été annulé et modifié et désormais, le montant de la taxe est calculé en fonction de la puissance fiscale du véhicule selon le barême suivant :

  • Moins de 10 CV fiscaux : 0,00 €
  • 10 et 11 CV fiscaux : 100 €
  • 12, 13 et 14 CV fiscaux : 300 €
  • 15 CV et plus : 1 000 €

La taxe est réduite de 10 % par année écoulée depuis la date de mise en circulation. Par exemple, une voiture d’occasion de 16 CV fiscaux mais âgée de 5 ans révolus ne paiera pas 1 000 € de surtaxe, mais 500 €. Une grosse cylindrée puissante de 23 CV mais de plus de 10 ans sera exemptée de taxe.

Si vous pensiez que l’on avait fait le tour, vous faites fausse route car il existe aussi une « taxe annuelle sur les véhicules les plus polluants ». D’un montant de 160 €, elle est due chaque année. Les véhicules concernés sont :

  • Ceux immatriculés depuis 2012 et qui rejettent plus de 190 grammes de CO2 par km.
  • Ceux immatriculés en 2010 et 2011 et qui rejettent plus de 245 g de CO2 par km.
  • Ceux immatriculés en 2009 et qui rejettent plus de 250 g de CO2 par km.

Le cas particulier des véhicules d’occasion achetés à l’étranger

Ces voitures, pourtant de seconde main, devaient être  considérées comme neuve lors de leur première immatriculation en France. Les propriétaires risquaient donc de devoir s’acquitter d’un véritable « malus », le cas échéant, lors de l’importation. Ce projet semble définitivement abandonné, au grand soulagement des mandataires et importateurs.

Barème malus

Il y a de forte chance que le malus s’envole en 2021 dans les tranches hautes afin de compenser la suppression programmée de trois malus dédiés aux véhicules puissants, dont la taxe sur les modèles de plus de 36 CV. Il n’y en aura plus qu’un seul et il risque d’être salé, notamment pour les tranches au-delà des 200 g/km.

En conclusion, on peut donc sans se tromper conseiller qu’il faut se tourner vers l’occasion pour trouver de bonnes affaires. Depuis le début de l’année, les ventes de véhicules d’occasion ont bondi de 10%. Le boom des locations longue durée depuis plusieurs années ramène actuellement sur le marché des véhicules achetés en LOA ou LLD il y a 3 ans. Ces voitures récentes sont bien moins chères que leurs équivalentes neuves.

Découvrez toutes les occasions récentes en vente en Europe (de 2018 à 2020 avec  vous verrez, le choix est très large avec plusieurs millions d’annonces : http://bit.ly/2x9Khsq

 

 

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